Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 20:42
Jeudi 5 mars 2009

Durant la guerre d’Algérie (1954-1962), avec courage, le Nouvel Observateur, de Jean Daniel, pour avoir préféré tourner les talons aux mensonges et dire la vérité à ses lecteurs, a vu plusieurs de ses numéros censurés par les autorités françaises de l’époque. Un demi siècle après, comment un tel journal, sans motif, peut-il devenir à son tour censeur d’un Blog ?

En effet, le 23 février 2009, le Blog : http://aissa.blogs.nouvelobs.com à été censuré sans mettre en garde son auteur ni l’informer préalablement. Il s’agit d’un blog ouvert il a un peu plus de trois ans, sur lequel pas moins de 200 textes ont été mis en lignes. Il avait une audience d’entre 5 et 7000 visiteurs mensuels. Il a figuré, pendant environ trois mois dans les fenêtres : « Les Blogs les plus lus » et « Top des internautes ».

 

 Pourquoi Aissa a-t-il donné pour sous titre à son blog : « Choc des cultures ? » Il est né en 1946 dans un douar des monts Dahra, en Algérie, dans un département français. Comme 95% de ces semblables, il n’a jamais été scolarisé, il autodidacte.

 En 1959, à l’âge de 13 ans, avec sa mère,  ils ont été raflés, pris en otage, séquestrés pendant huit mois  au « Bois Sacré », dans une résidence d’été du gouverneur général d’Algérie,  qui a été, au tout début des : « Evènements d’Algérie », désaffectée et transformée en camps de concentrations et d’extermination des indépendantistes. Le maître d’œuvre de ce camp se nommait Lieutenant Jean Lacoste, c’est sa véritable identité. Il appartenait au 2ème bureau du 22ème R.I. (régiment d’infanterie).  Lacoste était marié et père d’au moins une fillette qui était scolarisée à Gouraya.

 Ce bourreau était un manipulateur machiavélique doublé d’un tortionnaire d’une rare cruauté. Aissa et sa mère ont subi ses sévices huit mois durant.  Il s’agit d’une cruauté qui dépasse l’entendement. Après avoir été cassée et désarticulée part la torture, la pauvre mère sera  libérée pour des raisons tactiques. Sans domicile ni ressources aucune, elle agonisera pendant trois ans, jusqu’à 1963, dans les hôpitaux de Gouraya et Cherchell avant de succomber des suites de sévices que le lieutenant Lacoste lui avait infligés.  Par miracle Aissa survivra à ces mêmes sévices. Ces : « Evènements », une guerre qui n’a jamais osé décliner son nom, lui a ravi : son père, sa mère, une frère âgé de 20 ans. Aussi assistera-t-il à la spoliation et/ou à la dévastation de la totalité de son patrimoine : récoltes : céréales, fruits et légumes,  troupeau et à l’incendie de sa ferme par les forces coloniales.

 Aussi, en plein milieu de la nuit, les services de Lacoste rafle deux autochtones sous leur toit. Après avoir enduré environ un mois de torture des plus intenses, au coucher du soleil, le nouveau maître du Bois Sacré, assisté de deux subordonnés (soldats métropolitains), va les embarquer à bord d’un camions de type GMC pour les conduire sur une plage mitoyenne à la base militaire qui servait à cette caserne de déchèterie et charnier des exécutions sommaires.

 Dès leur arrivée dans le sinistre lieu, le lieutenant Jean Lacoste et le conducteur du camion débarquent de la cabine du véhicule et les deux otages, surveillés par un soldats armé d’un pistolets mitrailleur Mat49, descendent de la partie arrière. Disloqué par la torture, le père ne pouvait ni marcher, ni se tenir debout, ni même s’asseoir. Seul son fils était encore valide. Lacoste lui jette une pelle et lui désigne l’endroit où il devait  creuser une fosse dans le sable. Une fois l’ouvrage terminé, le patron du 2ème bureau du 22ème R. I. dégaine son pistolet automatique achève, à bout portant, son otage invalide qui est Immédiatement saisi par les deux soldats, l’un par les pieds l’autre par les bras, pour le jeter dans le trou. Pour couvrir la tête de son père, du moins semblait-il avoir l’intention, le fils ôte sa veste, probablement pour lui donner un dernier baiser d’adieu, le fils plonge son buste dans la tombe de son père. Tandis que le lieutenant Lacoste se saisit de la pelle, à l’aide de son tranchant, de plusieurs coups dans la région de la tête, il tue le fils. Les deux victimes, qui n’étaient pas le père et le frère d’Aissa, sont enfouies dans le même trou. Une fois leur corvée de bois terminée (l’un des noms des exécutions sommaires), les trois soldats ont siroté, au bord de la mer, des bières de marque 33,  avant de regagner base.

 Dès1973, alors en vacances en Algérie, Aissa constate que certains dirigeants algériens, notamment d’anciens militaires de l’armée coloniale, des ralliés tardifs à la cause nationale, avaient confisqué les attributs de la révolution algérienne pour imposer à leur peuple un régime comparable ou pire à celui imposé par leurs prédécesseurs, par les colons les plus crapuleux. Bien qu’issu d’une famille dite : « Révolutionnaire », ses remarques lui voudront une invitation à déguerpir de son pays alors qu’il avait la jambe fracturée, dans le plâtre. En 1982, de retour en Algérie pour les vacances estivales, il constate que son pays allait tout droit vers le précipice. Ses critiques jugées intolérables, l’emmerdeur sera invité, le 03.10.1982, vers 23 heures, d’embarquer à bord bateau el Djazaïre qui allait lever le l’ancre 04.10.1982, à neuf heures. Les formalités préalables à son embarquement lui seront facilitées par ces accompagnateurs.

 Dès son arrivée en France, l’indésirable dans son pays prend un engagement d’honneur : faire ce qu’il peut, là où se trouve, avec les moyens dont il dispose, pour dénoncer ce qu’il croyait être un néocolonialisme  brun, une honte sociétale.

 Bien qu’immigré en France depuis 1964, Aissa est l’un des rares algériens qui va être, dès 1982, cocher par les autorités algériennes sur une liste dite : « Personnes portant atteinte à la sécurité de l’Etat ». Les châtiments prévus par le code pénal algérien pour ce type de crimes sont : la peine capitale ou la réclusion criminelle à perpétuité. De 1984 à 1986, il est régulièrement convoqué par la DST.

 Le 12 avril 1988, à l’occasion d’une énième tentative du renouvellement de son passeport algérien en cours de validité, le Consul général d’Algérie de Toulouse, un ordurier, qui lui tient d’abord un langage mielleux : « La direction de la DGSN (direction générale de la sécurité nationale) m’a donné pour consigne de ne pas renouveler votre passeport », avoue-t-il.  « Cependant, vu que vous êtes issu d’une famille révolutionnaire, je prends sur moi de vous-le renouveler à condition de me signer une attestation selon laquelle vous renoncez à vous activités politiques contre un pouvoir par lui jugées exemplaire », ajoute-il, en présence de l’un de ses adjoints.

  Aïssa commence par remercier le haut et généreux fonctionnaire avant de répliquer : « L’honorable offre que vous venez de me faire, si vous la faîtes à 1000 algériens, je suis sûr qu’au moins 999 d’entre eux l’accepteraient et vous seraient reconnaissants. Cependant, comme mon algérianité ne m’est pas tomber sur le coin de la gueule pendant je que faisais la sieste, permettez-moi de la qualifier d’indécente. J’attribue à mon passeport une haute valeur symbolique qui ne tolère aucun marchandage à l’instar  d’un vulgaire tapis », conclu Aissa. D’un geste de primate, le consul se saisi du passeport en question, qui était valable jusqu’au 18 mai de la même année, profère des menaces de morts à son administré qui regagne son domicile en sifflotant de joie car  jusqu’à ce jour il se demandait si son action ne relevait pas de prêches dans un vaste désert. Les menaces de mort par appels téléphoniques anonymes, le bris, à espaces réguliers, de sa boîte aux lettres, les actes de vandalisme sur ses voitures… ne l’ont nullement fait renoncer à son engagement d’honneur.

Bien qu’affichant une carrière professionnelle jugée par la DST  : « D’exemplaire » entre 1984 et 1986, l’immigré algérien sera régulièrement par elle entendu.

 Pour Aïssa, la violence n’est pas une simple notion théorique, abstraite. A l’âge de 13 ans, il a subi et assisté à des crimes coloniaux  des plus abjectes. Oui, Aissa a comparé certains cercles de l’armée algérienne de se comporter comme certains cercles de l’armée coloniale qui s’était comportée comme des nazis. Oui, il a encore comparée le bombardement de Gaza par Stahal, tuant des milliers de femmes et d’enfants, comme étant comparables aux crimes nazis. Les martyres algériens accepteraient-ils de voir l’armée algérienne reproduire les crimes coloniaux ? Les victimes de la Shoah toléreraient-ils de voir l’armée sioniste de se comporter, à l’égard des palestiniens, comme les nazis se sont comportés à l’égard des juifs durant le second conflit mondial ?

 Aïssa est convaincu que la censure de son blog est due à une erreur d’appréciation du modérateur trompé par des délateurs, par des tenants d’une culture française qui remonte au : « beau temps des collabos », hérité des : « quarante millions de pétainistes ». En effet, il a beau tourner la question dans tous les sens, il ne parvient pas à croire que le Nouvelobs, qui a subi la censure, puisse, sans motif réel et sérieux, sans mettre en garde ni prévenir son auteur, devenir lui-même censeur. Le censuré constate que son continue à recevoir, quotidiennement, quelques 200 visiteur. Ce blog leur est dédié. A de juger la justesse ou l’arbitraire du censeur par aissa.damné du nouvelobs

Par aissa.damné du nouvelobs
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 23:47
Mardi 3 mars 2009

Durant la guerre d’Algérie (1954-1962), avec courage, le Nouvel Observateur, de Jean Daniel, pour avoir préféré tourner les talons aux mensonges et dire la vérité à ses lecteurs, a vu plusieurs de ses numéros censurés par les autorités françaises de l’époque. Un demi siècle après, comment un tel journal, sans motif, peut-il devenir à son tour censeur d’un Blog ?

En effet, le 23 février 2009, le Blog : http://aissa.blogs.nouvelobs.com à été censuré sans mettre en garde son auteur ni l’informer préalablement. Il s’agit d’un blog ouvert il a un peu plus de trois ans, sur lequel pas moins de 200 textes ont été mis en lignes. Il avait une audience d’entre 5 et 7000 visiteurs mensuels. Il a figuré, pendant environ trois mois dans les fenêtres : « Les Blogs les plus lus » et « Top des internautes ».

 

 Pourquoi Aissa a-t-il donné pour sous titre à son blog : « Choc des cultures ? » Il est né en 1946 dans un douar des monts Dahra, en Algérie, dans un département français. Comme 95% de ces semblables, il n’a jamais été scolarisé, il autodidacte.

 En 1959, à l’âge de 13 ans, avec sa mère,  ils ont été raflés, pris en otage, séquestrés pendant huit mois  au « Bois Sacré », dans une résidence d’été du gouverneur général d’Algérie,  qui a été, au tout début des : « Evènements d’Algérie », désaffectée et transformée en camps de concentrations et d’extermination des indépendantistes. Le maître d’œuvre de ce camp se nommait Lieutenant Jean Lacoste, c’est sa véritable identité. Il appartenait au 2ème bureau du 22ème R.I. (régiment d’infanterie).  Lacoste était marié et père d’au moins une fillette qui était scolarisée à Gouraya.

 Ce bourreau était un manipulateur machiavélique doublé d’un tortionnaire d’une rare cruauté. Aissa et sa mère ont subi ses sévices huit mois durant.  Il s’agit d’une cruauté qui dépasse l’entendement. Après avoir été cassée et désarticulée part la torture, la pauvre mère sera  libérée pour des raisons tactiques. Sans domicile ni ressources aucune, elle agonisera pendant trois ans, jusqu’à 1963, dans les hôpitaux de Gouraya et Cherchell avant de succomber des suites de sévices que le lieutenant Lacoste lui avait infligés.  Par miracle Aissa survivra à ces mêmes sévices. Ces : « Evènements », une guerre qui n’a jamais osé décliner son nom, lui a ravi : son père, sa mère, une frère âgé de 20 ans. Aussi assistera-t-il à la spoliation et/ou à la dévastation de la totalité de son patrimoine : récoltes : céréales, fruits et légumes,  troupeau et à l’incendie de sa ferme par les forces coloniales.

 Aussi, en plein milieu de la nuit, les services de Lacoste rafle deux autochtones sous leur toit. Après avoir enduré environ un mois de torture des plus intenses, au coucher du soleil, le nouveau maître du Bois Sacré, assisté de deux subordonnés (soldats métropolitains), va les embarquer à bord d’un camions de type GMC pour les conduire sur une plage mitoyenne à la base militaire qui servait à cette caserne de déchèterie et charnier des exécutions sommaires.

 Dès leur arrivée dans le sinistre lieu, le lieutenant Jean Lacoste et le conducteur du camion débarquent de la cabine du véhicule et les deux otages, surveillés par un soldats armé d’un pistolets mitrailleur Mat49, descendent de la partie arrière. Disloqué par la torture, le père ne pouvait ni marcher, ni se tenir debout, ni même s’asseoir. Seul son fils était encore valide. Lacoste lui jette une pelle et lui désigne l’endroit où il devait  creuser une fosse dans le sable. Une fois l’ouvrage terminé, le patron du 2ème bureau du 22ème R. I. dégaine son pistolet automatique achève, à bout portant, son otage invalide qui est Immédiatement saisi par les deux soldats, l’un par les pieds l’autre par les bras, pour le jeter dans le trou. Pour couvrir la tête de son père, du moins semblait-il avoir l’intention, le fils ôte sa veste, probablement pour lui donner un dernier baiser d’adieu, le fils plonge son buste dans la tombe de son père. Tandis que le lieutenant Lacoste se saisit de la pelle, à l’aide de son tranchant, de plusieurs coups dans la région de la tête, il tue le fils. Les deux victimes, qui n’étaient pas le père et le frère d’Aissa, sont enfouies dans le même trou. Une fois leur corvée de bois terminée (l’un des noms des exécutions sommaires), les trois soldats ont siroté, au bord de la mer, des bières de marque 33,  avant de regagner base.

 Dès1973, alors en vacances en Algérie, Aissa constate que certains dirigeants algériens, notamment d’anciens militaires de l’armée coloniale, des ralliés tardifs à la cause nationale, avaient confisqué les attributs de la révolution algérienne pour imposer à leur peuple un régime comparable ou pire à celui imposé par leurs prédécesseurs, par les colons les plus crapuleux. Bien qu’issu d’une famille dite : « Révolutionnaire », ses remarques lui voudront une invitation à déguerpir de son pays alors qu’il avait la jambe fracturée, dans le plâtre. En 1982, de retour en Algérie pour les vacances estivales, il constate que son pays allait tout droit vers le précipice. Ses critiques jugées intolérables, l’emmerdeur sera invité, le 03.10.1982, vers 23 heures, d’embarquer à bord bateau el Djazaïre qui allait lever le l’ancre 04.10.1982, à neuf heures. Les formalités préalables à son embarquement lui seront facilitées par ces accompagnateurs.

 Dès son arrivée en France, l’indésirable dans son pays prend un engagement d’honneur : faire ce qu’il peut, là où se trouve, avec les moyens dont il dispose, pour dénoncer ce qu’il croyait être un néocolonialisme  brun, une honte sociétale.

 Bien qu’immigré en France depuis 1964, Aissa est l’un des rares algériens qui va être, dès 1982, cocher par les autorités algériennes sur une liste dite : « Personnes portant atteinte à la sécurité de l’Etat ». Les châtiments prévus par le code pénal algérien pour ce type de crimes sont : la peine capitale ou la réclusion criminelle à perpétuité. De 1984 à 1986, il est régulièrement convoqué par la DST.

 Le 12 avril 1988, à l’occasion d’une énième tentative du renouvellement de son passeport algérien en cours de validité, le Consul général d’Algérie de Toulouse, un ordurier, qui lui tient d’abord un langage mielleux : « La direction de la DGSN (direction générale de la sécurité nationale) m’a donné pour consigne de ne pas renouveler votre passeport », avoue-t-il.  « Cependant, vu que vous êtes issu d’une famille révolutionnaire, je prends sur moi de vous-le renouveler à condition de me signer une attestation selon laquelle vous renoncez à vous activités politiques contre un pouvoir par lui jugées exemplaire », ajoute-il, en présence de l’un de ses adjoints.

  Aïssa commence par remercier le haut et généreux fonctionnaire avant de répliquer : « L’honorable offre que vous venez de me faire, si vous la faîtes à 1000 algériens, je suis sûr qu’au moins 999 d’entre eux l’accepteraient et vous seraient reconnaissants. Cependant, comme mon algérianité ne m’est pas tomber sur le coin de la gueule pendant je que faisais la sieste, permettez-moi de la qualifier d’indécente. J’attribue à mon passeport une haute valeur symbolique qui ne tolère aucun marchandage à l’instar  d’un vulgaire tapis », conclu Aissa. D’un geste de primate, le consul se saisi du passeport en question, qui était valable jusqu’au 18 mai de la même année, profère des menaces de morts à son administré qui regagne son domicile en sifflotant de joie car  jusqu’à ce jour il se demandait si son action ne relevait pas de prêches dans un vaste désert. Les menaces de mort par appels téléphoniques anonymes, le bris, à espaces réguliers, de sa boîte aux lettres, les actes de vandalisme sur ses voitures… ne l’ont nullement fait renoncer à son engagement d’honneur.

Bien qu’affichant une carrière professionnelle jugée par la DST  : « D’exemplaire » entre 1984 et 1986, l’immigré algérien sera régulièrement par elle entendu.

 Pour Aïssa, la violence n’est pas une simple notion théorique, abstraite. A l’âge de 13 ans, il a subi et assisté à des crimes coloniaux  des plus abjectes. Oui, Aissa a comparé certains cercles de l’armée algérienne de se comporter comme certains cercles de l’armée coloniale qui s’était comportée comme des nazis. Oui, il a encore comparée le bombardement de Gaza par Stahal, tuant des milliers de femmes et d’enfants, comme étant comparables aux crimes nazis. Les martyres algériens accepteraient-ils de voir l’armée algérienne reproduire les crimes coloniaux ? Les victimes de la Shoah toléreraient-ils de voir l’armée sioniste de se comporter, à l’égard des palestiniens, comme les nazis se sont comportés à l’égard des juifs durant le second conflit mondial ?

 Aïssa est convaincu que la censure de son blog est due à une erreur d’appréciation du modérateur trompé par des délateurs, par des tenants d’une culture française qui remonte au : « beau temps des collabos », hérité des : « quarante millions de pétainistes ». En effet, il a beau tourner la question dans tous les sens, il ne parvient pas à croire que le Nouvelobs, qui a subi la censure, puisse, sans motif réel et sérieux, sans mettre en garde ni prévenir son auteur, devenir lui-même censeur. Le censuré constate que son continue à recevoir, quotidiennement, quelques 200 visiteur. Ce blog leur est dédié. A de juger la justesse ou l’arbitraire du censeur

Par aissa.damné du nouvelobs - Publié dans : actualité - Communauté : chronique algérienne.
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 21:04

En 1956, un responsable politique et militaire de la wilaya 4 tenait, à l’occasion de chaque réunion, les propos suivants: « … Ne jamais contraindre un  individu à adhérer à notre front », « Si toutefois il adhérait, son engagement doit être mûrement réfléchi et librement consenti. « 100 soldats coloniaux armés : baynine (déclarés), ajoutait-il, sont plus vulnérables qu’un seul félon tapi dans nos flancs ». « Ne jamais être injuste, car l’injustice exercée à l’égard d’un seul individu peut dresser toute sa tribu contre nous... », conclu-t-il. Ce responsable porte le nom de Hanoufi Mohamed, alias si Abdelhaq. Il a à son actif des faits d’armés contre les forces coloniales jamais égalés par aucun des félons qui ont pris d’assaut le train de la révolution à la station terminus, confisqué l’indépendance de l’Algérie et outragé son peuple.  

En juin 1956, à la veille de l’Aïd el Kébir, Si Abdelhaq avait accroché les forces ennemies sur un haut plateau qui porte le nom de Sa’douna, arrière pays de Gouraya. Malgré l’intervention des renforts, notamment de tirailleurs sénégalais, de l’aviation : hélicoptères, Piper, dits mouchards, T28, dits avions jaune, les forces occupantes y ont laissé quelque soixante de leurs soldats sur le tapis, en majorité des tirailleurs africains, perdu autant d’armes et d’équipements complets.

Vers le 21 février 1957, à un jour près, l’authentique baroudeur avait monté, de main de maître, une embuscade à Bouyemen, arrière pays de Dupleix (Damous), où les forces ennemies y ont perdu 22 soldats et autant d’armes et d’équipements divers. Dans cette bataille, Abdelhaq, qui se voulait un exemple pour  ses compagnons, est tombé au champ d’honneur. Son corps sera pendu à un hélicoptère et promener au dessus des douars alliés des nationalistes tandis que du bord de la machine volante ses photos, de format carte postale, étaient déversées à tour de bras sur les douars survolés. Par suite, sa dépouille sera exposée dans plusieurs villes de la région, notamment à Cherchell. 

 

A notre modeste connaissance, le nom de Mohamed Hanoufi, alias Si Abdelhaq, un authentique héros de la révolution algérienne, ne figure sur aucun document ou livre estampillé historique, consacré à la guerre d’Algérie,  publié à ce jour. Et pour cause ? Avec des moyens humains et matériel dérisoires, il avait  ridiculisé l’une des plus puissante armée du monde et  forcé l’admiration de son peuple. On peut dire qu’il avait placé la barre de l’héroïsme et de la morale nationaux si haut qu’elle n’a plus jamais était effleurée par aucun membre des béni Hilal, des dévastateurs qui ont confisqué l’indépendance et ruiné l’image, tarie les ressources, outragé peuple d’Algérie. Que les algériens, qui sont légitimement écoeurés de leur racaille dirigeante, se rassurent, il n’existe aucun lien de parenté entre elle et l’esprit d’une révolution authentiquement populaire. Comparer Bouteflika  à Hanoufi Mohamed,  par exemple, reviendrait à forcer le vice à cohabiter avec la vertu.

 

Maintenant  je vais tenter de narrer, en exclusivité, rappeler le calvaire  d’un jeune soldat colonial fait prisonnier lors de la bataille de Bouyemen. Par rigueur intellectuelle, je tiens à préciser que je ne l’ai vu qu’une seule fois, mais j’ai pu suivre son chemin de croix, pas à pas, grâce à un relais de témoignages oculaires, concordants, incontestables, jusqu’au terme de sa tragique randonné nocturne.  Il y a longtemps que j’ai voulu écrire l’histoire de ce jeune soldat français du contingent. Mes tentatives ont échouées à cause d’une intense émotion qui me paralyse littéralement dès que j’évoque son souvenir et me mets devant mon clavier. Ecrit sous la tyrannie de l’émotion, je suis conscient que mon témoignage, peut, par certains de ses aspects, paraître maladroit, voire même choquant.  Aussi, peut-il être porté à la connaissance d’une mère, d’un père, des frères et soeurs… d’un être cher fauché, à la fleur de l’âge, par une mort atroce. Ma démarche ne tend point à raviver leur peine mais à blâmer des assassins qui ont terni l’image d’une révolution algérienne authentiquement populaire, confisquée par des vaut moins que rien, par des voyous.

 

Aussi, suis-je conscient que mon témoignage peut être reçu par certaines personnes comme une lame acérée dans des plaies en voie de cicatrisation ou raviver chez elles de douloureux souvenirs en voie d’apaisement. Je m’en excuse et les rassure que j’ai, moi-même, éprouvé et éprouve encore d’énormes peines, comme si la victime d’un crime odieux était mon frère de mère et de père. 

 

Aussi ai-je appartenu  à une famille de résistants  nationalistes algériens convaincus. Pour la compréhension de mon témoignage, je dois préciser  que mon père était, dès 1956, nommé par le FLN : « président d’un comité populaire »  du secteur de l’un des secteurs de la zone 4 de la wilaya 4 (vallée de Kellal, arrière pays de Gouraya), ma mère était de venue la première cuisinière, blanchisseuse, couturière de la révolution  et moi-même, alors âgé de 11 ans, berger, j’étais les yeux et les oreilles des nationalistes de passages de notre zone.  Avant d’adhérer au FLN, mon père avait exigé du FLN de ne prendre pour cible aucun civil qu’il soit autochtone ou d’origine européenne.

En février 1957, des combattants nationalistes, conduits par Mohamed Hanoufi, alias Si Abdelhaq,  ont sévèrement accroché un convoi de l’armée coloniale à Bouyemen/Lalla ‘Ouda. Au moins 22 soldats coloniaux étaient restés sur le tapis et  autant d’armes et d’équipent récupérés par les indépendantistes.  Aussi ont-ils fait un prisonnier, un jeune français du contingent. A noter que notre maison, située à Aghzou-Yetou, constituait le passage obligé des nationalistes de passage dans le secteur.  Deux ou trois jours après l’accrochage de Bouyemen,  combattants nationalistes sont passés dans notre masure pour y prendre quelques heures de repos, manger un couscous spécialement préparer pour eux. C’est à cette occasion que j’ai pu voir, pour la première et la dernière fois, comme annoncée plus haut,  le soldat  prisonnier du FLN/ALN.

Je me souviens que les nationalistes algériens faisaient étalage de leur butin de guerre : une vingtaines d’arme dont une carabine US, habituellement portée par des officiers coloniaux, autant de tenus militaires, de ceinturons, de paire de pataugas, ensanglantés, récupérés sur les dépouilles de soldats coloniaux tués à Bouyemen.

 

Pendant que les nationalistes exhibaient leurs trophées de guerre, le jeune soldat était transi de froid et de peur. Il refusait de s’alimenter. Dans un arabe très approximatif, il répétait sans cesse : « Ya khaouti ma teqtlouniche » (mes frères ne me tuez pas ».

J’ai informé ma mère de la présence de ce soldat roumi, de sa détresse et de son refus de s’alimenter. Elle avait couru vers son poulailler pour cueillir des œufs frais qu’elle avait fait bouillir à la hâte avant de me charger de les lui remettre et de supplier ses geôliers de ne pas : « rendre sa mère malheureuse » (ne pas-le mal traiter ou-le tuer). S’agit-il là d’un simple instinct maternel ou d’un dramatique signe prémonitoire ? Ma mère avait un fils engagé dans les rangs des nationalistes algériens et un autre immigré en France. Elle était consciente qu’à tout moment l’un ou ses deux fils pouvaient tomber entre des mains ennemies. Elle avait sollicité la clémence pour le soldat colonial tout comme elle l’aurait fait pour ses  enfants s’ils venaient à se trouver dans la même situation.

 

En lui offrant les œufs bouillis, le jeune soldat était resté quelques instants comme paralysé, avant d’éclater littéralement en sanglots. Bien qu’affamé, il avait cédé son cadeau à ses geôliers. Probablement pour abréger son calvaire, il avait cessé de s’alimenter.  Avec la naïveté et les mots d’un berger de 11 ans, j’ai transmis les souhaits de ma mère à ses gardiens en ces termes : « Ma mère, qui vous a préparé le couscous et qui vous accueille sous son toit, vous demande de ne point rendre malheureuse la maman de ce roumi ». Celui qui semblait être leur chef, m’avait dit : « Tu duras à ta mère que notre prisonnier ne sera pas mal traité ».

Dans leur marche nocturne, en trois étapes, les nationalistes algériens  vont renouveler l’exposition de leurs trophées de guerre au mois en trois reprises. Leur caravane se trouvera gonflée par de nouvelles recrues. Parmi ces dernières, une jeune qui avait contesté les pouvoirs excessifs d’une brute, d’un  seigneur de la guerre autoproclamé. Aussi a-t-il dénoncé la cruauté exagérée et inutile infligée à un prisonnier de guerre. Le plaignant exprime sa volonté de voir le prisonnier tuer sans-le torturer. La pitié exprimée dans un monde sans pitié a fait basculé le jeune nationaliste au rang de traître. Il est désarmé. Pour l’empêcher de fuir, il aura le genou brisé à coups de crosse de fusil. Il terminera sa tragique randonné appuyé sur une branche en guise de béquille. Arrivé à un endroit qui porte le nom de Hayouna, situé dans l’arrière pays de Oued Messelmoun, à environ 15 kilomètres à l’Ouest de Cherchell,  le seigneur de la guerre autoproclamé désigne aux populations qui ont enduré les affres de la répression coloniale, le jeune soldat français comme s’étant servi de prisonniers algériens comme des boucliers et le tueur de Si Abedlehaq, leur héros et la  jeune recrue, qui avait exprimé sa compassion à l’égard du prisonnier, comme, son complice, un traître.

A noter que les nationalistes algériens n’avaient aucun moyen de garder des prisonniers. Au cours de son périple nocturne, le captif avait traversé plusieurs douars alliés des nationalistes algériens. Par certains de ses aspects, la répression coloniale était égale ou supérieure aux crimes commis par les nazis durant le second conflit mondial. Cependant, à mon humble avis, cela ne saurait justifier la cruauté de la mise à mort du jeune soldat français capturé à Bouyemen.

Après leur avoir lié les pieds et les mains derrière le dos, couchés face sur le ventre, le chef du FLN/ALN désigne une dizaine de rescapés de la répression coloniale, qui avaient un ou plusieurs membres de leur familles tués ou disparus, pour les charger de donner la mort aux eux prisonniers  par lapidation.

 

En 1998, âgé de quelque 70 ans, l’un des participants à la mise à mort au soldat français et à  son compagnon d’infortune raconte, avec une voix saccadée, interrompue par des sanglots  :

«… Nous avons pris  les plus grosses pierres qu’on avait trouvées… »,  (les détails sont intenables).  Une fois morts, nous avons jeté les corps disloqués des victimes  dans un ravinement, sommairement recouverts de branchages et de pierres», conclu-t-il en poussant un long soupir de détresse et une prière à Allah pour lui pardonner un crime qu’il sait impardonnable.

 

L’indigène qui avait commis le crime d’exprimer sa compassion à l’égard d’un opprimé, à un prisonnier de guerre sans défense, était le fils de la dame qui avait servi le couscous aux combattants nationalistes algériens, offert des œufs au jeune prisonnier, demandé à ses geôliers de : « Ne pas rendre sa mère malheureuse ». C’était mon frère Mohamed, qui a laissé une jeune femme enceinte de six mois d’une petite fille qu’il ne prendra jamais dans ses bras.

 

Suite à plusieurs tentatives infructueuses d’arrêter mon père qui pour échapper à la répression coloniale s’était mis au vert, en avril 1959, une section de l’armée coloniale basée au Bois Sacré, dans une résidence d’été du gouverneur général d’Algérie, s’était déplacée à notre maison pour la piller et la dévaster. A la fin des opérations de pillages, le lieutenant Jean Lacoste, s’était transporté sur les lieux pour constater l’exécution de ses ordres et, pour contraindre le fugitif à se constituer prisonnier, il  ordonne la prise en otage de son  épouse et de son fils benjamin qui sont la raflés, dirigés vers le Bois Sacré où ils seront séquestrés et torturés pendant huit mois. En septembre 1959, alors que ma mère était brisée et désarticulée par les sévices que Lacoste et ses sbires lui ont infligés, dans le but d’attirer mon père vers elle, le lieutenant Lacoste libère ma mère.  Âgé de 54 ans, quai non-voyant et à mobilité réduite, mon père refait surface. Informé par ses réseaux de délateurs de la présence de mon père dans sa maison dévastée, le lieutenant Lacoste envoie, au pas de course, un commando composé d’anciens maquisards ralliés aux forces coloniales. Les félons surprennent leur victime, la cernent, la couvre d’injures devant son épouse qui rassemble ses ultimes forces pour aller se jeter devant l’un des assaillants pour  lui rappeler qu’il a rompu le pain sous son toit et d’implorer sa clémence à l’égard de son bienfaiteur d’antan. D’un  coup de pied on ne peut plus violent, le collabo repousse ma mère sur un tas de fumier où elle demeure inanimée. Tandis que le sergent Hocine Naamoudi, neveu de mon père par alliance, vise la tête de son oncle maternel, appuie sur la gâchette de son pistolet mitrailleur Mat49, vide son chargeur. Mon père est tué sur le coup. A son réveil, ma mère constate une flaque de sang à l’endroit où elle a vu son époux vivant pour la dernière fois, une serviette qu’il porte en guise de turban criblée de balle. Et, sa maison en flamme. Avant de se retirer, les renégats ont incendié notre maison.

Le corps de mon père sera attaché sur le capot d’un half-track, le drapeau algérien claquant au vent, acheminé  vers Gouraya où il est exposé devant la mairie, et où il sera lynché et outragé par certain badauds zélés. L’acte de son extrait de décès, porté en marge de son extrait d’acte de naissance est  daté et signé par le brigadier de gendarmerie Cuelho.

 

De 1959 jusqu’à 1962, moi-même âgé entre 13 et 15 ans et ma mère, irréversiblement brisée par les sévices du lieutenant Jean Lacoste, avions vécus sans abri et sans ressource aucune. Ma mère agonisera dans les hôpitaux de Gouraya et de Cherchell avant de décéder, en septembre 1963, à l’hôpital de Cherchelle,  des suites de sévices que le lieutenant Lacoste lui avait infligés pendant huit longs mois.  Bien que j’aie horreur de parler de moi, ces  derniers paragraphes m’ont semblais indispensables pour couper le sifflet aux opportunistes, aux ralliés au nationalisme algérien de la 25éme heure, qui seraient tentés de me classé parmi les nostalgiques de l’ordre colonial. Quel que soit le jugement des lecteurs de cette note, qu’ils sachent  seulement que sa rédaction n’a pas été une partie de plaisir.  

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par aissa.damné du nouvelobs - Publié dans : actualité
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 20:52

En 1963, au sortir d’une sanglante et dévastatrice guerre d’Algérie (1954-1962), une trentaine de pupilles de la nations trouvent  momentanément refuge dans un centre d’accueil situé à Bou-Ismaïl, ex. Castiglione. Il s’agit d’un bâtiment qui appartient au relais  « C. A. S. O. R. A. L. ». Une partie de la structure est surmontée d’un haut mur pour cacher la misère coloniale, des bidonvilles avoisinant et clôturée par des grilles finement forgées. Le tout est blotti dans un luxuriant fourré de pins des landes. Les jeunes pensionnaires, âgés d’entre 8 et 10 ans, ont perdu un voire leurs deux parents pendant la guerre d’Algérie. Une dizaine d’adultes assurent leur encadrement et le service d’un orphelinat improvisé.

  D’origine rurale, les pensionnaires ont souvent survécus aux mitraillages et aux bombardement : marins, terrestres et aériens, assisté à la mort de leurs parents sous la tortures, la mitraille et/ou carbonisés par du napalm largué du ciel par des hélicoptères de l’armée coloniale française.

De la cour de leur asile, les enfants ont une vue limitée à quelques 50 mètres. Un matin, vers 11 heures, subitement, ils entendent, dans le voisinage de leur refuge, un bruit similaire à celui des hélicoptères militaires qui les a plongé dans un affolement extrême. Au fur et mesure que le vacarme s’approche, leur terreur augmente d’autant et à la même vitesse.

Et voici une DS (voiture) noire, encadrée par quatre BMW., grosses motos, pénétrer dans la cour du centre. Il s’agit d’une visite présidentielle totalement inopinée. Ahmed Ben Bella, le premier et le tout nouveau président algérien et deux autres personnes en sortent de la limousine. Habillé d’un pantalon kaki, Ben Bella sort de ses poches latérales des friandises qu’il distribue à chaque orphelin, de la main à la main, équitablement, tout en accompagnant son auguste geste d’une caresse sur la tête de chaque bénéficiaire et en  répétant, sans cesse, en arabe dialectal : «  Ma tkhafouch, el Djazaïr ma tesmahch fikoum, ana babakoum », (n’ayez pas peur, l’Algérie, votre mère patrie ne vous abandonnera pas, je suis votre père…).

 Le premier président algérien présente à ses jeunes hôtes ses deux compagnons, sans les nommer, comme étant des cubains,  de grands amis de l’Algérie. Cependant les prénoms de Pepito (ambassadeur de Cuba en Algérie) et d’Ernesto (Che Guevara) ont été prononcés par les visiteurs. Une fois les jeunes pensionnaires attablés, un plat de lentilles leur est  servi. Talonné par Pepito, Ben Bella, fait le tour du réfectoire, s’arrêtant devant chaque table pour scruter les jeunes pensionnaires dévorer gloutonnement le contenu de leur assiette. Quant à Ernesto, qui semble fort ému et extrêmement soucieux, il sort dans la cour pour y ruminer sa révolution du monde en tournant en rond comme un fauve en cage.

 Quelques mois plus tard, à l’occasion d’une campagne nationale de reboisement, à Arba’tach, près d’un village qui porte le nom de Foundouk, vers la fin de la matinée, j’ai revu le même cortège et les mêmes personnes, à bord de la même voiture, arriver. Dans une ambiance bon enfant, parmi une multitude de femmes et hommes de tous âges mêlés, venue de toute l’Algérie, la montagne semble se déplacer. J’ai réussi à m’approcher de la personnalité la plus accessible, d’Ernesto. Pendant une heure environ, j'ai procuré une pioche et des arbres, ensemble, Ernesto et moi-même, en avons planté une dizaine sur le versant sud du mont.

 En 1967, à la mort du révolutionnaire argentin,  j’avais trouvé une forte ressemblance entre Ernesto que j’ai connu et la photo d’el Che. En 1982, je rencontre l’un des cadres du centre de Bou-Ismaïl. Il m’informe qu’Ernesto et Che Guevara n’en faisait qu’un. Vers le milieu des années 80, Ahmed Bella, l’ancien président algérien,  écrit un petit livre sur son ami, Che Guevara. Il n’y a pas de doute possible, j’ai mangé des lentilles pleines de cailloux, en présence de Che Guevara. Je lui ai procuré une pioche et des arbres que nous plantés, il y a 44 ans, sur le versant sud du  mont Arba’tache, en face de Foundouk.  

 J’espère pouvoir un jour pique-niquer et faire la sieste à l’ombre de l’un des arbres plantés, il y a 44 ans, par le plus illustre des révolutionnaires de tous les temps et de tous les continents. Mon rêve fou relève-t-il d’une utopie ? Les hélicoptères larguant du napalm sur les forets algériennes continuent leurs basses œuvres. Les arbres plantés par Che Guevara sont probablement partis en fumée vers les cieux.

  Moralité ! Il y a un demi siècle, Frantz Fanon, toi, el Che et d’autres, beaucoup d’autres, ont cru voir dans le peuple algérien un peuple d’élite. Peut-être l’a-t-il été mais il ne l’est plus. En effet, il s’est laissé confisquer son indépendance par des vauriens qui lui ont fait subir des humiliations que le colonialisme n’a pas osé les lui infliger.  Il a cautionné une politique néocoloniale ruineuse, dévastatrice, infamante

 Heureux les martyres qui n’ont pas cautionné la haute trahison des dirigeants algériens  ni subi leurs bassesses.

Par aissa.damné du nouvelobs
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Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 20:33

 

Aïssa est convaincu que la censure de son blog http://aissa.blogs.nouvelobs.com est due à une erreur d’appréciation du modérateur trompé par des délateurs, par des tenants d’une culture française qui remonte au : « beau temps des collabos », hérité des : « quarante millions de pétainistes ». En effet, il a beau tourner la question dans tous les sens, il ne parvient pas à croire que le Nouvelobs de Jean Daniel, qui a subi la censure pendant la guerre d’Algérie, puisse, sans motif réel et sérieux, sans mettre en garde ni prévenir son auteur, devenir lui-même censeur un demi siècle plus tard. Le blog censuré le 23.02.2009 continue à recevoir, quotidiennement, quelques 200 tentatives de visites.  

 

Outrées par cette censure, plusieurs personnes ont proposé a aissa d’ouvrir un nouveau blog sur le même site, en leur nom, pour permettre à ce damné du nouvelobs de s’exprimer. Il a naturellement décliné leur généreuse offre au motif qu’il n’a pas pour culture d’avancer masqué.

A tous les frustrés du blog censuré, soit quelques 7000, aissa leur dédie http://damné-du-nouvelobs.over-blog.net

 

            Sincères salutations.

Par aissa.damné du nouvelobs
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